samedi 15 février 2014

Coup Critique #2 : Mes Victoires de la Musique

Vous avez surement dû voir à la saint Valentin nombreux chanteur sans talents rafler des récompenses : c'était les victoires de la musique. Certaines étaient justifiées (peu), d'autres ont portées sur un piédestal en argent des artistes dont le seul talent est la communication et qui vomissent un peu plus chaque jour leurs rythmiques et harmonies faciles et fades dans les radios de grandes écoutes. J'ai décidé dans un élan égocentrique de vous montrer ce que sont pour moi, mes victoires de la musique cette années. Je n'irais pas vous faire l'affront de vous expliquer en quoi Stromae a une popularité musicalement injustifiée ou pourquoi Johnny Halliday n'a aucun mérite, je préfère vous proposer autre chose à la place, histoire d'un peu vous laver les oreilles dans cette bouillie que sont les victoires de la musique.

Artiste Interprète Masculin
On pourrait nominer Oldelaf mais son dernier album est quand même moins bien que les autres même si il garde une petite touche sympa et acidulé, il est peut être resté un peu trop simple finalement.
On pourrait nominer Cascadeur qui a un dernier album pas dégueulasse et même plutôt cool (en tout cas beaucoup mieux que ceux d'Etienne Daho, de Christophe Maé ou encore de Stromae).
J'aimerais nominer Katerine mais son album de Disco-foutage de gueule n'est pas encore sorti et c'est vraiment dommage parce que les extraits qu'on a pu écouter jusqu'à présent étaient assez parfaits (Sexy Cool est probablement le truc le plus chillesque que j'ai pu entendre cette année en rigolant une canette de soda frais à la main et la paille aux lèvres au bord de ma piscine, entouré par de belles femmes en petites tenues).
Je pense quand même donner la victoire à Vincent Delerm parce qu'Amants Parallèles envoi sacrément du lourd cinématographiquement parlant.

Artiste Interprète Féminine
Sans aucun doute, je décerne cette victoire à Agnes Obel qui nous a servi un album complétement niquel de bout en bout. Après Philarmonics qui était juste complétement sublime, elle nous offre sur un plateau en or massif, descendant d'un escalier finement marbré (à la pierre, pas au chocolat) Aventine. Tout l'album est parfait, il n'y a pas de meilleures chansons, elles sont toutes superbes.
En plus elle est super jolie Agnes Obel cœur cœur.
Ok elle est pas française mais on s'en fout.

Album Révélation
Ah. Bon, ça veut dire quoi album révélation ? Meilleur premier album c'est ça ?
C'est vrai que l'album de La Femme mérite peut-être quelque chose. Après faudrait pas oublié que La Femme c'est quand même du second degré, que c'est un peu comme le pire des années 80 dans les années 80 et que du coup c'est drôle. Un peu dans la veine de Mylène Farmer ou de Corynne Charby.
Je pense que le premier album qui défonce est un prix qui peut être attribué à Flume (pour... bah... Flume du coup).

Album de Chansons
Amants Parallèles de Vincent Delerm : J'en ai déjà parlé au-dessus. C'est la cinématographie adaptée à la musique, on s'y croirait, des belles scènes, des avions qui se posent dans la neige. On regrettera peut-être que tout ça soit un peu lisse. Mais c'est le concept (a dit Vincent).
Horizons de Detroit : Car oui, ce n'est pas un album rock. C'est pas parce qu'il y a marqué Cantat sur la pochette que c'est du Rock. C'est un album de chansons, de poésies presque. C'est beau, c'est simple, ça fait chialer.
Beauté Pour Tous de La Maison Tellier : Dans un espace temps parallèle, il y a La Maison Tellier. On ne sait pas vraiment dans quelle époque ils trainent mais ils y trainent bien.
Mathieu Boogaerts de Mathieu Boogaerts : La simplicité complexe. C'est si facile que ça en devient très compliqué. C'est beau comme un bébé chouette, un joli petit Rossignol qui te scrute à travers ton double vitrage. C'est beau, c'est fin, c'est enlevé.

Album Rock
Bon, je vous le dit cash, j'ai pas beaucoup écouté de Rock de cette année. Je suis pas très calé là-dessus. Du coup j'ai regardé ce que France 2 avait nominé.
Le dernier album de Phoenix je me souviens avoir écouté Trying To Be Cool et vu le clip qui était plutôt sympa. Après écoute de cet album je me suis fait la réflexion qu'ils font plus ou moins toujours la même chanson (qui est sympa) mais du coup c'est dommage.
Indochine... Sérieusement ?
En France c'est vrai que y'avait le dernier album de Saez qui suivait Messina, Miami. Il était pas si mal, un peu répétitif c'est vrai.

Album de musique Urbaine
Ahah, la musique urbaine, quelle grosse blague cet intitulé. Ils auraient pu qualifier ça de Hip-Hop ou quelque chose du style. C'est vrai que l'album d'1995 était pas si mal mais sérieusement c'est pas du tout le meilleur projet Hip-Hop de cette année.
Déjà, on aurait peut-être voir l'apparition de l'album d'IAM de cette année : Arts Martiens et puis y'a aussi L'Alpha et L'Homme Egal d'Orus qui est superbe, un délire spacio-rappé qui s'inscrit complétement dans la réalité de nos jours.
On peut aussi parler de Le Cul entre deux Seize de Pand'or, album introspectif bien écrit, bien fini ou encore du Faire-Part de Virus, de Cette Foutue Perle de Lomepal, Itinéraire de Clem Beat'z etc.
En bref, pleins de trucs super dans le Hip-Hop français cette année mais on préfère parler d'autre chose...

Album de Musique du Monde
Typiquement le genre de catégorie où tu peux mettre tout et n'importe quoi.
Ibrahim Maalouf méritait complétement une victoire, je sais pas si c'était celle-là mais chapeau l'artiste.

Album de Musique Electronique ou Dance
Kavinsky, encore et toujours Kavinsky. Outrun c'est juste l'album qui t'emmène dans les tréfonds des années 80 dans une voiture classe aux vitre teintées et au moteur assourdissant.
J'aurais bien nominé aussi Igorrr pour son album Hallelujah joli compromis entre le baroque et le breakcore.
Et puis aussi Salut C'est Cool pour lot de fichiers, super album de l'année.

Chanson Originale
Sunset - The Internet de l'album Feel Good

Spectacle Musical/Tournée/Concert
Le concert qui m'a le plus marqué l'année dernière c'est sans hésiter celui d'Odezenne (vous pouvez le trouver sur youtube si vous voulez et écouter le dernier album en boucle O.V.N.I.), y'avait vraiment un esprit autour de tout ça, un truc qui t'agrippe, qui te fascine. Pouce vert à eux.

Vidéo-Clip



mardi 4 février 2014

Coup Critique #1 : FAUVE - VIEUX FRERES PARTIE 1

Ça fait longtemps que nous n'avons, moi et mon comparse, parsemé ce blog de longues logorrhées de nuits de pleine lune, la cigarette consumée aux lèvres, au bord d'un précipice, en slip. Si je reprends le clavier en ces jours sombres c'est pour lancer ma vague de superbes critiques musicales qui vous donneront envie d'acheter un album directement tellement je vais sucer le phallus des artistes, yo.


Enfin bref, j'ai récemment pris le Télérama posé sur la table du salon de chez mes parents, je l'ai feuilleté et je suis allé voir les critiques musicales, comme d'habitude. Oui, ok, les critiques musicales de Télérama c'est pas toujours génial mais quand même des fois y'a des avis sur des albums qui sont bien et qui valent le détour. Or, qu'est-ce que je constate cette semaine ? Une seule critique musicale (bon y'avait aussi un article sur Cascadeur mais ça rentrait pas dans les critiques) : le premier album de Fauve. Bordel, ça prenait deux pages, deux putains de pages. Franchement, y'avait d'autres sorties d'albums dans la semaine (par exemple l'album de Deen Burbigo qui est pas si mal ou encore l'album de Busta Rhymes que j'ai pas écouté et qui est probablement soit à chier soit complètement génialissime) alors pourquoi ne parler que du phénomène Fauve ?

Ouais, bon, rapide description pour ceux qui connaissent pas. En gros, c'est un groupe de jeunes fils de la classe moyenne et moyenne + (classement arbitraire en fonction de ma vision) qui ont percé en 2012 en changeant les règles de la chanson pour adolescent. Ils se revendiquent comme infiniment nombreux, ils sont là pour mettre des mots sur tes problèmes de tout les jours, universaliser le fait que tu te sentes pas bien dans ton corps et toutes ces merdes. Le truc, c'est qu'ils amènent une certaine dose de hip-hop (oui je me fais mal en écrivant ça) dans le game de la chanson pour ados/adulescents/poètes ratés ce qui rend le truc si particulier. Etant donné qu'ils sont incapable de faire du rap (de part leur problèmes de pucelles dirait probablement un bon vieux Joeystarr de la belle époque) ils vont tout simplement s'écrirent de beaux monologues de théâtre qu'ils vont réciter moliériquement avec un peu (beaucoup) de surjeu ("mais non trop pas, c'est comme ça que je le ressens dans mon corps han" : désolé mec, tu surjoues grave ta vie) sur des instrumentales de hip-hop mal mixées, ce avec quoi j'ai pas fini laissez moi respirer merde, les gens sont pressés de nos jours c'est pas croyable.
Pour ne pas faire le mec qui crache sa haine gratuitement dans la soupe je souhaite préciser que j'ai bien aimé Fauve (quand je les ais découverts, c'est à dire bien avant vous #hipster) et que y'en a encore qui passe mais je comme je l'ai dit tout à l'heure on verra ça plus tard arrêtez de vous acharner comme ça putain.


A l'écoute de l'album dans son ensemble j'ai ressenti comme un sentiment de frustration. J'aimerais savoir si quelqu'un dans ce collectif de talents à l'état brut, taillé dans du diamant, qu'est Fauve, s'occupe des percussions bordel de merde. Non mais sérieusement, c'est quoi ce mixage fait avec les pieds ? (Enfin non parce que visiblement il est juste pas fait, j'ai d'ailleurs entendu un snare 808 brut cliché du rap des années 2000, sérieusement, les gars, arrêtez de déconner) C'est franchement quelque chose de super dérangeant, quitte à vous inspirer du hiphop, inspirez vous de bons gros beats de J Dilla avec des kick et des snares qui sonnent leur mamans, des trucs bossés quoi. Là, on a juste l'impression que y'a un mec qui a mis un petit rythme hiphop dans son pattern en mettant deux trois kick/snare au pif et qui a superposé ça à la guitare/piano/autre instrument foutage gueule qui fait des nappes. Parce que ouais, Fauve ils aiment bien te mettre des instruments bien clichés qui font des belles asperges, des belles penta, des trucs que tu sais que ça va faire pleurer la ménagère adolescente qui regarde W6 (omg c'est une phrase de PV Nova ce héros de la musique internétisé/monétisé qui arrive à rendre ses vidéos encore intéressantes en invitant des gens plus talentueux que lui).
Je sens déjà le lecteur survoler le paragraphe en se disant "putain ils nous parle encore de la batterie putain de merde mais on a compris que c'était le seul instrument dont tu maîtrisais le solfège, pas besoin de ramener ta putain de science de merde sale chien" ; alors déjà je tiens à préciser que si vous parlez comme ça vous avez quelques lacunes dans votre français, mais aussi que je ne pense pas que vous saisissez bien toute l'importance qu'on les percussions dans la musique populaire de la deuxième décennie du troisième millénaire. Les percussions aujourd'hui sont tellement importantes qu'on peut même catégoriser certains styles de musique uniquement par celles ci : house (kit 909), trap (kit 808), electro dancefloor top 50 (sidechain)... Ce que je veux dire, c'est qu'on n'est plus à cette époque où la batterie n'était encore qu'un accompagnement qu'on peut entendre dans le fond, derrière la mélodie blues, si on se concentre assez sur le son grésillant du vinyle ; la basse et la batterie ont profité durant ces dernières années d'immenses upgrades qui les ont rendu comme des instruments presque principaux, fondamentaux : on ne peut se permettre aujourd'hui de ne pas avoir un bon son de basse et un bon kick. Pourtant Fauve le fait quand même, à croire qu'il n'a pas trop écouté de musique récemment. Soit.
On notera aussi qu'ils utilisent toujours le même son de guitare et le même son de basse. Payez-vous des instruments les gars, ou juste des pédales (quoique doit y en avoir par mal dans votre groupe #facile)

Pour les paroles... On va analyser ça chanson par chanson histoire de voir à quoi on doit s'en tenir. Par soucis de médiocrité, nous appellerons le chanteur principal Francis (en hommage à Francis Huster et son jeu d'acteur se rapprochant de celui des mecs de Fauve)

VOYOUS
Francis explique qu'il est street-cred même si il n'a pas commis de crimes contre l'humanité. Il n'a pas tué, il n'a pas violé, il n'a pas dealé de cannabis à des enfants devant le primaire, il n'a pas violé de vieilles femmes. Mais qu'a-t-il fait alors ? On ne sait pas mais il regrette. Oh lala, il a beaucoup souffert le pauvre, j'ai envie de le caresser, de lui panser ses plaies à vif qu'il a dans le cœur, de jeter à la poubelle ce foutu miroir devant lequel chaque soir il ne peut s'empêcher d'avoir les yeux rougis. Quel homme ce Francis, quel homme ! Il me fait sentir toute chose dans mon corps.
Non sérieux ? Quelqu'un y croit à ça ? Je pense que lui-même s'est trouvé limite dans son foutage de gueule interplanétaire, c'est pour ça qu'il a invité Georgio (rappeur de son état) à venir témoigner en faveur du fait que c'est pas des gars bien (mais si si, regardez avec Francis on est des gangsters quand même).
+ sampler du classique ne fait pas de vous des artistes. Schubert vous emmerde. Tous autant que vous êtes.

REQUIN-TIGRE
Cette fois c'est Anatole qui explique qu'il a tout perdu parce qu'il se répète, qu'il ne va nul part, qu'il est tout nul et aggressif et que du coup il arrive pas à vivre sa vie.
Cette chanson aurait pu être bien si on entendait pas autant les cuts, c'est dommage.

JEUNESSE TALKING BLUES
Mettre le mot blues entre tous tes mots ne fera pas de ton texte un truc stylé. Désolé mec, repasse plus tard. Si tu avais fait un enchaînement d'idées sans foutre ce putain de mot  partout ça aurait été mieux et peut-être plus intelligent. Le blues c'est indescriptible disait Bénabar et la musique que Johnny aime vient de là. Est-ce que tu veux salir le nom de Johnny ? Je crois pas mec, alors calme toi.

RAG #3
(snare 808)
Francis en a marre de la vie en entreprise. Francis veut tout plaquer car sa vie fait un cycle nauséabond, tout ça pour se bourrer la gueule. D'ailleurs Francis s'est bourré la gueule hier soir avec ses potes et c'était cool.

INFIRMIERE
Oh, pauvre Francis, il a besoin de réconfort, d'amour.
Mais dis moi, ce serait pas un peu cliché ?
Quand ce mec te dis que tu pécho après les concerts et que tu dis que non et qu'il te dit que tu es pd, peut être a-t-il raison au fond. Si t'arrives à aborder personne prends des cours de théâtre (d'ailleurs il t'en faudrait pas mal, ça commence à urger) ou alors bois de l'alcool, en abondance.
Heureusement Francis arrive à s'en sortir avec la musique, ça fait plaisir.

DE CEUX
Bravo mec, tu viens de te hisser anaphoriquement au niveau de François Hollande. Si tu remplaces tes De Ceux par Moi Président, tu tiens un bon discours politique. Francis comme le président de la république ont hissé l'anaphore à un niveau tel que ça devient chiant.
Francis essaie aussi de fédérer un maximum de monde à sa cause en oubliant que faire du sélectif des fois c'est bien. A quand un featuring avec Norman ?
On notera d'ailleurs que Fauve essaie de faire carrière en démontrant à une majorité qu'elle est une minorité, c'est assez malsain quand on y pense. C'est sur que c'est cool d'être une victime opprimé c'est une putain d'excuse pour pas se prendre en main, pour justifier le fait de se faire de l'argent (du coup pour la bonne cause, cf : Dieudonné), pour amener les gens à compatir.

RAG #4
Francis quitte son travail et part en vacances avec ses potes. Il en fait des tonnes.
La répétition du sample de voix à la fin ruine le truc. (On dirait du demi-portion mais je suis pas sur)

TUNNEL
Cindy est dégoutée du monde. C'est une rebelle et une victime.
Cependant elle se souvient d'un truc et c'est cool.

VIEUX FRERES
Petit piano, tu caresses la chatte comme Docteur No. Francis essaie de créer une intimité avec nous en nous parlant d'homme à homme. Il raconte qu'il a eu les boules et tout mais que maintenant ça s'améliore à base d'histoires absconses.
Francis prend un maximum de drogues.
Le vieux frère représente toi, moi et tout ceux qui sont seul, c'est encore un message universel adressé à une minorité.

LETTRE A ZOE
Francis est amoureux de Zoé. Il l'a trompé mais quand même voilà quoi, il est amoureux alors il la mérite : la preuve il a écrit une chanson avec encore des putains d'anaphores et des figures de styles alors qu'il soutient qu'il a huit ans dans sa tête. Si ça, ça fait pas mouiller la petite Zoé je sais pas ce qu'il lui faut.
Il est VERTUEUX ok ? Il a été maladroit mais ça va quoi. Allez, pardonne lui Zoé. stp

LOTERIE
Francis a eu une enfance difficile parce que facile. Moi j'ai grandi au lycée public, perso, ça fait de moi un bonhomme, je peux pas m'empêcher de voler dans les supermarché. Bref, Francis fait des raccourcis qui font de lui un type de droite.
Francis s'invente encore des contraintes et un carcan dans lequel il est supposé être coincé. Du coup il est contre. Il se bat contre des moulins.




vendredi 15 novembre 2013

La musique de film

On associe souvent le succès d'un film à son scénario, ses effets spéciaux de la mort qui tue, ses acteurs très charismatiques (et fournis anatomiquement alors que toi, seul dans ton canapé tu n'as rien de ce que tu vois à l'écran et seul tu t'ouvres une bouteille de bière en laissant traîner la capsule nonchalamment sur la table alors que tu sais pertinemment que tu devras la jeter le lendemain) ou encore ses dialogues (Michel Audiard toi même tu le sais ma couille). Cependant, on a toujours tendance a oublier la bande-son alors que le plus souvent c'est elle qui fait tout le travail.

Sérieusement, tu penses que tu aurais pleuré à la fin de ton film de pisseuse si on t'avait balancé un bon radiohead ou des accords de piano qui font chialer leur mère ? La musique met en relief une scène, elle est là pour donner de la puissance à l'action, de l'émotion, du beau. Sans elle, parfois la scène perd son sens (et surtout dans tous les films musicaux à caractère autobiographique dont l'un des seuls bien est Inside Llewyn Davis que je vous invite à voir et je dis pas ça seulement pour frimer avec ma culture cinématographique de mec trop cultivé, ce film est vraiment bien et vaut pas tous ces navets sur Claude François et autres putains de mauvais chanteurs des années quatre vingt qu'on encense encore parce que personne n'assume d'avoir eu du mauvais goût dans sa vie. Enculé, remballe ta playlist, t'es pas DJ, t'as juste des goûts de chiottes, je t'appellerais même pas pour le mariage de ma tante.). D'ailleurs, on associe (en tout cas moi) généralement une musique à une scène de sa vie et vous noterez que si votre vie avait cette musique à ce moment là, ce serait trop cinématographique, comme quoi, hein, j'ai pas raison ? Que serait le studio Ghibli sans les musiques de Joe Hisaishi ? Hein ? Je vous le demande.

Mais si la musique inspire le film, le contraire n'est-il pas vrai aussi ? En effet on remarque que beaucoup de beatmaker (les mec qui font des instrumentales de rap [NDFDP]) ne peuvent s'empêcher de mettre une citation de film dans leur musique ou du moins en parsemer leurs EP sur lesquels ils ne veulent pas que je pose, impose mon style et mon vêcu comme un vrai gars de la rue, y'a plus d'justice. Y'a plein d'exemples et si ce n'est pas le beatmaker, c'est le rappeur qui met sa citation là pour illustrer le thème de sa chanson. On est donc rendu au point où quand la musique inspire le cinéma, celui-ci inspire la musique (d'ailleurs il n'est pas rare non plus de voir un très grand nombre d'instrumentales samplés de musique de films mais la c'est de l'intermusicalité, on est aux confins de quelque chose d'autre j'en parlerais peut être un autre jour). On notera aussi quelque chose de plutôt intéressant : les répliques samplées par les beatmaker sont toujours à la base dans le film sans musique en fond. D'accord, c'est souvent parce que c'est plus pratique, mais n'y a-t-il pas derrière tout ça une volonté de nourrir musicalement une scène, une réplique, un film ? En plus d'en être dépendant, le film n'est-il pas un metteur en scène de musique ?

En bref, le cinéma c'est cool et la musique aussi.

mardi 24 septembre 2013

Je déteste la musique, elle me fout la gerbe sérieux.

"Je l'aurai deviné" dira le lecteur habitué, la bouche tordue et adoptant une moue suggestive de sa pensée. En effet, je l'avoue, je l'ai enfin compris : je déteste la musique (et remarquez que vu à quel point ma pensée est claire mes phrases sont beaucoup plus courtes, c'est quand même une preuve accablante je trouve, personnellement, mais après ça va changer vous inquiétez pas).

Ok, ok, il nous est sûrement déjà tous arrivé d'écouter une musique, et que comme un réflexe déglutif (NdT : ce mot n'existe pas, comprenez réflexe de déglutition. Pourquoi je l'ai pas traduit comme ça directement ? Bonne question.), on stoppe immédiatement la musique (ou l'on mette sur pause en fonction des devices, comme disent les anglais), puis parfois même on essaie de se vider la tête en réécoutant de la bonne musique, qu'on aime et qu'on est sûr d'apprécier. Voilà mes symptômes : je vis la première étape au quotidien, mais la seconde m'échappe, aucun artiste n'est ma cure, puisque même mes artistes les plus fétiches (c'est à dire Ratatat, Stupeflip, Amon Tobin etc.) commencent à m'insupporter après quelques écoutes, connaissant leurs musiques par cœur et pouvant presque la réciter. La monotonie n'aidant pas à guérir des effets de la mauvaise musique, que faire dans mon cas ?

C'est un effet récurrent que de voir qu'on aime de moins en moins les musiques à force de les écouter, tout comme le fait que la musique aujourd'hui devienne de plus en plus nulle (notamment avec la démocratisation de la MAO, la commercialisation de la musique populaire, l'innovation impossible dans tous les genres musicaux...). On ne sait que faire : on ne peut ni écouter quoi que ce soit de nouveau, ni quoi que ce soit de vieux. Intervient ici alors le remix, avec l'effet que j'aimerais nommer "l'effet Central Parks" étant donné que c'est ce soundclouder qui m'a soufflé la réponse (inconsciemment, comme un peu toutes les réponses que je donne sur ce blog).

Quel est donc cet "effet Central Parks" ? Il consiste à simplement reprendre une bonne musique, vaguement la modifier mais pas trop, de telle sorte à ce qu'on reconnaisse encore la musique que l'on aimait précédemment si on fait attention (c'est assez inconscient, ça se tient au niveau de la suite d'accords, du timbre des instruments, du jeu des instruments, de la mélodie...), mais qu'en même temps ce soit pas du tout la même chose parce que et bien c'est pas trop pareil quoi, je veux dire il y a une batterie hip hop et un son de vinyle, ça n'a rien à voir avec l'original. 

Et c'est ainsi qu'est né ce genre de musiques, celles qui sont faciles à écouter bien qu'inintéressantes et qui n'exaspèrent pas, éternelles reprises d'autres bons morceaux. Reposons nous les amis.

dimanche 22 septembre 2013

De la musique volume II, ou pourquoi les paroles sont superflues (par le mec qui nommait ses articles par ses conclusions)

On sait depuis très longtemps que personne ne sait très bien ce qu'est la musique, et je dirai même qu'avec l'évolution de cette dernière, on le sait de moins en moins : la création de multiples courants musicaux, des icônes, des fans, et de toutes autres extensions de la musique, un peu comme des tumeurs qui cancériseraient l'Art musical, à la base pur. Alors, qu'est ce que la vraie musique ?

Partons d'un constat simple : ne pouvant définir clairement ce qu'est la musique, nous nous baserons ici sur l'observation hâtive et immédiate que la musique, c'est avant tout du son, et cela peut importe le genre musical, les influences, l'époque ; pour l'apprécier, il faut l'écouter. À partir de là, on peut déterminer que les éléments essentiels à la musique sont ceux qui produisent du son : on peut ainsi rapidement déterminer que l'image d'un artiste n'a, par extension, pas d'importance, puisqu'elle ne change pas le son qu'aura sa musique et même ne lui apportera rien. D'autre part, la musique ne peut se passer d'instrument, quels qu'ils soient, puisqu'ils sont nécessaires à une production de son maitrisée, donc à pouvoir recréer à loisir sa musique, et permettre qu'elle ne soit pas la réunion hasardeuse de conditions aléatoires, mais bel et bien l'expression de l'artiste, dans le sens qu'elle soit exactement ce que l'artiste veuille faire.

Les artistes populaires d'aujourd'hui sont, étrangement, majoritairement des chanteurs ; on pourrait donc déduire que la voix est un élément important de la musique actuelle, révélé au XXe siècle par certains Elvis Presley, Ray Charles et autres Beatles (cet article possède de nombreuses références voyez vous), qui fut ensuite repris par tous les autres artistes pour donc tirer la musique vers le haut. Le principe de la voix est de chanter – on définit par chanter ici le fait de produire du son avec ses cordes vocales en rythme avec une musique, que ce soit ou non dans la tonalité de la musique (on peut chanter faux, on chantera tout de même) – que ce soit individuellement ou accompagné par d'autres instruments, puisqu'en effet, la voix produisant un son maitrisé, il s'agit ainsi d'un instrument.

Intéressons nous alors à comment produire du son avec notre voix (j'ai l'impression d'être un professeur de maternelle, c'est chaud) : on peut dire des phrases ou faire du bruit ; mais les deux ne se rejoignent-ils pas ? Je veux dire, si vous écoutez une musique dans une langue étrangère, par exemple du rap anti-fascite en grec moderne, vous n'entendez que du bruit vaguement en rythme (à moins que vous parliez grec dans ce cas franchement bravo je vous respecte), qui pourtant reste appréciable et qui veut toujours exprimer quelque chose. On peut donc déduire que dans un premier temps, s'exprimer intelligiblement et clairement (dans le but que tout le monde comprenne ce que vous dites) n'est pas essentiel à la musique. 

Dans un second temps, on va étudier le cas contraire à l'exemple ci-dessus, c'est à dire de la musique très compréhensible par à peu près tout le monde, mais qui cette fois n'a aucun sens, on va prendre du Nicki Minaj par exemple : ici son message c'est qu'il n'y a pas de message (Enfin si... "Pas besoin de vaisseau spatial, je suis déjà une star wesh"). Pourtant, la musique semble être appréciée, et prouve par là que malgré l'absence complète de message et de paroles profonde, on peut toujours, je sais pas, danser dessus, remuer son corps, l'écouter, trouver Nicki Minaj bonne etc. Ce que j'essaie de dire, c'est qu'ici la musique transmet la pensée de l'artiste, même si les paroles sont merdiques, c'est à dire : dansez ! dansez ! ouais, ouais ! dansez ! sans pour autant le dire explicitement avec des mots, mais l'exprime à l'aide du son de sa voix.

La phrase semble donc être superflue pour la musique, puisqu'au lieu de guider la musique vers l'avant, pour la rendre plus pure et plus musicale, elle ne fait que l'entraver et la limiter : pour pouvoir exprimer son idée, on est obligé d'avoir des verbes, des mots, de la poésie, alors qu'à la base l'écriture n'a rien à voir avec la musique. Pour éviter d'avoir le problème d'écrire des paroles, il suffit donc de s'en débarrasser, ou à plus petite échelle se débarrasser de leur sens (comme Nicki Minaj ci dessus), puisqu'après tout elles n'apportent rien à la musique, qui elle est du son et non pas des mots. On devrait pouvoir ainsi dire n'importe quoi, à partir du moment que le son produit sied suffisamment à la musique pour qu'il l'orne et la rende supérieure à ce qu'elle étant sans.

C'est sans doute puisque les artistes pensent à ça que, peu à peu, on note une épuration des textes musicaux, devenant de plus en plus absurdes et insensés ("that shit cray", "i'm a motherfucking monster", etc.), et se vidant par ailleurs de leur sens, sans pour autant de diminution de la fanbase, c'est à dire du nombre d'appréciateurs musicaux, voire même une augmentation de cette dernière : ça paraît logique quand on y réfléchit. La musique devenant de moins en moins un art complexe à comprendre et à apprécier, il est normal que de plus de gens la comprenne et l'apprécie, vu comment l'humain est flemmard.

On en vient à ma conclusion : les paroles ne servent à rien, dites n'importe quoi du moment que ça sonne bien, c'est pas ça qui va influer sur le succès de votre musique, et ça risque même de l'aider à plaire davantage.

mercredi 18 septembre 2013

Comment faire un sidechain (et se prendre pour David Guetta)

On a un peu trop été méchant sur ce blog, et à force de critiquer tout le monde et tout ce qui existe on a fini par en oublier de quoi parlait ce blog : de la musique ; mais aussi de sa création, dans le sens de son accouchement depuis l'âme et l'être du Müsicien jusqu'à sa Composition par le biais de différents outils que sont ces mains, son expérience et son logiciel de MAO, parce que faut pas se leurrer : si on veut faire de la musique électro populaire pour qu'on danse dessus en boâte (c'est notre but à tous évidemment) aujourd'hui, y'a intérêt à ce que déjà :
  • Le son soit fort.
  • La musique soit répétitive mais en même temps évolutive.
  • Qu'on se rappelle de la mélodie.
  • Le son soit fort.
  • Qu'il y ait un sidechain.
  • Le son soit fort. Vraiment fort.
Fait intéressant à savoir, les deux derniers points points sont étroitement lié, puisque l'un résulte de l'autre et l'autre résulte de l'un, enfin je sais pas trop faites des études d'ingénierie sonore pour le savoir et ensuite finir chômeur comme, de toute façon, 70% des français d'ici que vous arriviez à terminer ces études (puisque je suppute allègrement que vous n'avez même pas perdu votre première dent de lait, cela à des fins explicatives pour que tout le monde puisse comprendre ce tutoriel, n'allez pas imaginer quoi que ce soit bon sang de merde j'essaie que ce soit clair).

On va donc tâcher d'exécuter un sidechain ; mais qu'est ce qu'un sidechain ? Je ne saurai moi même l'expliquer, donc aller sur Wikipédia, où bien écoutez du Bloody Beetroots, du deadmau5, ou un autre truc dans le genre. Mettons nous dans un premier temps d'accord sur la terminologie : ce que je vais expliquer ici, c'est pas tellement le processus audio que le résultat à obtenir, c'est à dire ce côté "BOUM AH BOUM AH" typiquement typique du type de l'électro, et la méthode que j'utilise personnellement pour y arriver, qui est sans doute imparfaite, peut être galère, mais qui de cette façon s'ouvre à vos améliorations et à du travail de votre côté. Aller trêve de bavardage on s'en fout on passe à l'explication.

Commencez par sélectionner un kick, un qui est bien, je vais pour ma part utiliser un sample du fameux "909 KICK", un truc tellement légendaire que même une musique de Daft Punk porte son nom, que vous pourrez trouver dans une pochette surprise par exemple. Je vais également ajouter une suite d'accords plaqués jouée avec un synthé nul (ici magical8bitplug, mais y'en a plein d'autres c'est pas ce qui manque) qui me servira de test, c'est à dire pour voir si, oui ou non, ça sidechain ou pas et que donc on peut danser ou pas.


Si vous avez pu l'essayer, vous avez pu remarquer que le magical8bitplug est un synthé vraiment brut, le son est par ailleurs extrêmement fort, il s'agit là réellement d'un crash test pour notre 909 KICK, un défi, un challeange, sera-t-il seulement à la hauteur ? Nous allons donc l'aider un petit peu (actuellement on ne l'entend même pas) en lui rajoutant quelques effet : dans un premier temps un compresseur pour lui augmenter son volume (on ne touche qu'au potentiomètre du volume, notez) et dans un second temps un Équaliseur pour augmenter drastiquement ses Low Bass, là où il y a une grosse trace rouge (un peu comme chez les filles) quand le kick joue. Notez également que j'ai réduit la duration du kick à l'aide du potentiomètre "OUT" (tout en bas de la VST sampler qui contient mon 909 KICK) que j'ai augmenté, parce que si la duration de votre kick est trop longue le sidechain sera laid et lourd, alors que là ce sera plus instantané (comme le café), un peu comme si on vous piquait rapidement sur l'ensemble du corps en même temps, plutôt que si on vous tailladait les veines lentement sur tout le long du corps.


Là actuellement c'est pas très joli, on entend rien en fait, et puis peut être même ça fait de la bouillie et ça grésille : c'est là qu'intervient la VST Limiter qu'on va gentiment rajouter sur la piste d'effets de notre Master, que je vous conseille de régler un peu au hasard ou alors de ne toucher qu'au gros potentiomètre CEIL, à mettre aux deux extrêmes pour comprendre plus ou moins comment il marche et quel est son effet ; éventuellement réglez le pour que le volume soit maximal et le sidechain propre.


Il est possible que l'effet ne soit pas réussi du premier coup : n'hésitez pas à revenir dans les étapes arrières et à triturer dans tous les sens votre kick, son volume, le limiter, l'EQ etc. Le bon sidechain étant le résultat d'une alchimie particulière, méticuleuse et est très spécifique à chacun : aucun sidechain ne sonne le même ! (bon en fait c'est tout le contraire, ils sonnent tous pareil, mais là n'est pas la question). Cependant utilisez avec modération et essayez de faire preuve d'originalité, ne faites pas ce que j'ai fait dans ce tuto par exemple.

Il vous suffit ensuite de rajouter deux trois blips bloups par là, de mettre les autres percus du kit 909 et voilà votre son hardtechno. Appréciez !